18. SOLIDARITÉ MALHEUREUSE OU REFUS DE L’AUTRE : QUESTION DE LA DYNAMIQUE SOCIALE EN AFRIQUE Gaston Gabriel TATA Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Abidjan (UCAO-UUA) tagabus9@gmail.com Résumé Les Africains sont souvent admiratifs de la réactivité dont les acteurs sociaux (parent, ami, allié, collègue de travail, etc.) font preuve dès qu’un événement douloureux se produit : perte d’un parent, faillite d’une activité, échec à un examen, maladie qui atteint, etc. Le constat récurrent et concordant est que, sans tarder, des personnes, proches ou lointaines, se mobilisent aux côtés de l’infortuné, par leur présence physique ou symbolique, avec l’aide matérielle, spirituelle ou morale. Quelle belle solidarité ! Curieusement, depuis en plus, un autre constat, paradoxalement et malheureusement, se fait : quand les évènements heureux se produisent les mêmes personnes ont tendance à se faire distantes. Parfois, l’acteur concerné, douloureusement, se surprend ne plus faire l’expérience d’un vivre-ensemble dynamique. Au contraire il se sent méprisé, haï, marginalisé, et parfois symboliquement mort. Dès lors, la problématique de la solidarité, totalement retournée, devient une clé de lecture, ou plus juste, un chemin heuristique pour comprendre la société sous l’angle de ses profondes transformations. Pourquoi en est-il ainsi ? Tout accès cognitif à ce phénomène sociétal découle inévitablement d’une interprétation dans la double perspective de l’interaction et de co-construction. L’analyse prend le biais du champ socio-anthropologique dans ses orientations épistémologiques, ses modes de représentation, son contenu et les supports de ses structures. Mots-clés : Acteur, Afrique, Dynamique, Société, Solidarité. Abstract Africans often admire the responsiveness shown by social actors (relative, friend, ally, work colleague, etc.) when a painful event occurs: loss of a parent, bankruptcy of an activity, failure to an examination, illness that affects, etc. The recurring and concordant observation is that, without delay, people, near or far, mobilize alongside the unfortunate, by their physical or symbolic presence, with material, spiritual or moral help. What great solidarity! Curiously, since then, another observation, paradoxically and unfortunately, has been made: when happy events occur, the same people tend to be distant. Sometimes, the actor concerned, painfully, surprises himself no longer experiencing a dynamic living together. On the contrary, he feels despised, hated, marginalized, and sometimes symbolically dead. From then on, the problem of solidarity, completely reversed, becomes a key to reading, or more accurately, a heuristic path to understanding society from the angle of its profound transformations. Why is this so? Any cognitive access to this societal phenomenon inevitably results from an interpretation from the dual perspective of interaction and co-construction. The analysis takes the bias of the socio-anthropological field in its epistemological orientations, its modes of representation, its content and the supports of its structures. Keywords: Actor, Africa, Dynamics, Society, Solidarity.
18. SOLIDARITÉ MALHEUREUSE OU REFUS DE L’AUTRE : QUESTION DE LA DYNAMIQUE SOCIALE EN AFRIQUE
17. LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EN AFRIQUE FACE AUX ENJEUX DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
17. LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EN AFRIQUE FACE AUX ENJEUX DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Kpa Yao Raoul KOUASSI Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire) rulerfr@yahoo.fr Résumé La recherche scientifique prend de plus en plus une nouvelle avancée avec l’implication des gouvernants, des structures de recherche en Afrique et des organes de recherche à grande envergure comme le CAMES. Ces avancées qui sont aujourd’hui une fierté pour l’Afrique sont loin de répondre aux attentes du développement de la recherche scientifique vu les implications et les défis nouveaux que l’Intelligence Artificielle apporte dans la recherche et sa maîtrise. Ainsi, si les chercheurs africains ne s’y impliquent pas à fond pour renverser la tendance, on passera d’une Afrique marginalisée par les occidentaux de par son histoire, sa culture et sa vision du monde à une Afrique dominée par les développements technoscientifiques dont la force tient grâce à l’Intelligence Artificielle. La recherche scientifique ne peut pas se contenter des approches qui rassemblent les chercheurs, les évaluent sans prendre en compte l’Intelligence Artificielle qui devient un outil indispensable pour penser la recherche scientifique dans l’histoire de l’humanité. Il s’agit alors de motiver la recherche scientifique en Afrique face aux enjeux de l’Intelligence Artificielle en montrant que celle-ci sera plus performante si elle réussit à saisir l’opportunité de l’Intelligence Artificielle et à en faire un usage performatif. Mots clés : Afrique, Enjeux, Intelligence Artificielle, Recherche scientifique. Abstract: Scientific research is increasingly taking new steps forward with the involvement of governments, research structures in Africa and large-scale research bodies such as CAMES. These advances, which are today a source of pride for Africa, are far from meeting the expectations for the development of scientific research given the implications and new challenges that Artificial Intelligence brings to research and its mastery. Thus, if African researchers do not get fully involved in reversing the trend, we will move from an Africa marginalized by the West because of its history, its culture and its vision of the world to an Africa dominated by technoscientific developments including the force holds thanks to Artificial Intelligence. Scientific research cannot be satisfied with approaches that bring together researchers and evaluate them without taking into account Artificial Intelligence, which is becoming an essential tool for thinking about scientific research in the history of humanity. It is then a question of motivating scientific research in Africa in the face of the challenges of Artificial Intelligence by showing that it will be more efficient if it succeeds in seizing the opportunity of Artificial Intelligence and making performative use of it. Key words: Africa, Issues, Artificial Intelligence, Scientific Research. Introduction La recherche scientifique en Afrique s’entend ici comme la recherche scientifique pratiquée sur le sol de l’Afrique par des chercheurs et enseignants-chercheurs africains ou celle réalisée par des chercheurs et enseignants-chercheurs africains résidant hors de l’Afrique, mais visant les intérêts de l’Afrique. Il ne s’agit pas ici de poser la préoccupation à partir des aides à l’Afrique, mais à partir du génie des chercheurs et enseignants-chercheurs africains vivant ou non sur le sol africain qui doivent exploiter les atouts de l’Intelligence Artificielle en vue de la performance de la recherche scientifique en Afrique. Ce sont les hommes qui réalisent la recherche scientifique, mais la puissance des algorithmes tend à faire la différence, surtout dans la transformation des connaissances avec l’ajout de la mémoire. Cette approche semble aussi s’imposer à l’Afrique. Comment l’Intelligence Artificielle une connaissance et une technologie basée sur les lois des algorithmes, étend-elle mieux la recherche scientifique en Afrique que les approches scientifiques des africains eux-mêmes ? L’Intelligence Artificielle devient incontournable. Les états actuels de la recherche en Afrique sont-ils porteurs pour une prise en compte de l’Intelligence Artificielle ? En quoi les enjeux de l’Intelligence Artificielle se présentent-ils comme indispensables pour l’avenir de la recherche scientifique en Afrique ? Et si l’Intelligence Artificielle est devenue incontournable et semble échapper au contrôle, comment la transformation de la recherche scientifique en Afrique par l’Intelligence Artificielle peut s’envisager pour que les intérêts de l’Afrique soient toujours préservés ? Le problème central mérite d’être clarifié et clairement défini. Pour ce faire, nous utiliserons la méthode exploratoire qui nous permettra de comprendre comment l’Intelligence Artificielle devient un atout indispensable pour faire avancer la recherche scientifique en Afrique. 1. Les états actuels de la recherche scientifique en Afrique La recherche scientifique en Afrique vise ici les intérêts de l’Afrique rendus possibles par les chercheurs et enseignants-chercheurs africains. Ce champ situe alors l’Afrique dont nous parlons après les indépendances. Il s’agit de présenter les efforts et les performances de la recherche scientifique réalisés par les chercheurs africains et les enseignants-chercheurs africains depuis l’avènement de l’Intelligence Artificielle. Pour la suite de notre analyse, nous utiliserons l’acronyme « IA » pour désigner l’« Intelligence Artificielle » et « chercheurs africains » pour désigner l’ensemble des chercheurs africains et enseignants-chercheurs africains vivant ou non sur le territoire africain, mais qui œuvrent pour l’émulation de la recherche scientifique en Afrique. Par « chercheurs africains », nous entendons ici ceux pour qui la recherche scientifique est le lien commun africain entre les chercheurs et les enseignants-chercheurs. De plus, le champ visé est la recherche scientifique et l’histoire de l’IA est récente. Et comme l’Afrique en tant qu’espaces géographiques et culturels communs comprend aussi les intérêts scientifiques de l’Afrique après les indépendances des années 1960, elle est plus jeune que l’IA. Les « états actuels » de l’Afrique à analyser seront considérés en fonction des ententes choisies. La recherche scientifique en Afrique sera présentée en abrégé au féminin avec l’appellation « RSA ». L’exploration des « États actuels » de la RSA n’entend pas s’enliser dans ce qui est péjoratif, mais elle vise à découvrir ce champ comme un champ en évolution possible ; ce qui implique de découvrir si l’IA peut servir de catalyseur pour rendre possible cette dynamique. L’IA a commencé avec des chercheurs : pendant l’été 1956, un groupe de chercheurs s’est réuni au collège de Dartmouth (New Hampshire, USA) pour une conférence d’un mois. Il y avait là des chercheurs qui allaient devenir très influents, (…) John McCarthy, et Herbert Simon (…). À cette époque, la puissance
16. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE COMME UNE OPPORTUNITÉ DE FORMATION ET D’EMPLOI
16. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE COMME UNE OPPORTUNITÉ DE FORMATION ET D’EMPLOI : POUR UNE EXHORTATION DE LA FEMME ET DE LA JEUNESSE AFRICAINES Serge Armand BOUAFFOU Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire) sergebouaffou@gmail.com Résumé L’Intelligence Artificielle est un atout favorable pour la formation et l’emploi de la femme et de la jeunesse africaines. Il faut ainsi une prise en considération de ce domaine informatique dans nos actions politiques, éducatives, sociales et professionnelles. Cela en vue de faire face au problème du chômage dans notre monde compétitif où le numérique et le digital occupent une place de premiers choix. À partir de la démarche analytico-critique et prospective, la réflexion tente de comprendre d’une part le contexte d’émergence et la définition de l’Intelligence Artificielle. D’autre part, elle met en relief les opportunités de formation et d’emploi de l’Intelligence Artificielle, pour une exhortation de la femme et de la jeunesse africaine. Mots clés : Intelligence Artificielle, Emploi, Exhortation, Formation. Abstract Artificial Intelligence is a favorable asset for the training and employment of African women and youth. We must therefore take this IT field into consideration in our political, educational, social and professional actions. This is to address the problem of unemployment in our competitive world where digital technology plays a key role. From the analytical-critical and prospective approach, the reflection attempts to understand on the one hand the context of emergence and the definition of Artificial Intelligence, for an exhortation of African women and youth. Keywords : Artificial Intelligence, Employment, Exhortation, Training. Introduction La jeunesse africaine et particulièrement la jeune femme africaine sont confrontées à un problème existentiel de quête d’emploi. Pour relever ce défi, la formation de la femme et de la jeunesse en Afrique doit être renforcée par la technologie et surtout par l’Intelligence Artificielle (IA). L’Intelligence Artificielle (IA) est une opportunité pour permettre à la femme et à l’ensemble des jeunes d’Afrique de se former pour être plus compétitifs sur le marché de l’emploi. L’Intelligence Artificielle (IA) en effet développe le savoir, le savoir-faire et le savoir-être pour résoudre de nombreuses difficultés que l’on peut rencontrer en mathématique, en sciences cognitives, en neurobiologie computationnelle et aussi dans l’armée, dans l’art ou en éthique des nanobiotechnologies. Son champ d’action est pluridimensionnel ; d’où l’intérêt de notre réflexion de comprendre le bienfondé et le sens de l’Intelligence Artificielle (IA) dans la société. La préoccupation fondamentale de cette réflexion est de savoir si l’Intelligence Artificielle (IA) s’avère nécessaire pour la femme et la jeunesse africaines. L’examen de cette préoccupation, à travers une démarche analytico-critique et prospective, nous conduit à la problématique suivante : l’Intelligence Artificielle est-elle une opportunité de formation et d’emploi pour la femme et la jeunesse africaines ? Dans quel contexte émerge l’Intelligence Artificielle ? Comment la définit-on ? Qu’est-ce qui justifie sa place en société ? Quelles sont les opportunités de formation et d’emploi que l’Intelligence Artificielle offre à la femme et à la jeunesse africaines ? 1. Contexte d’émergence et définition de l’IA Il y a 27 ans que la surprenante nouvelle se rependait à travers le monde, une nouvelle à laquelle l’on ne s’attendait guère, le plus grand joueur d’échec au monde, le Russe Garry Kasparov, venait de se faire battre par l’ordinateur d’IBM (International Business Machines Corporation, multinationale américaine dans les domaines du matériel informatique, du logiciel et des services informatiques), à savoir Deep Blue. Le robot Deep Blue était capable d’imaginer une moyenne de 200 000 000 positions par seconde. Pour M. Ford (2017, p. 17), « la façon dont l’ordinateur d’IBM Deep Blue avait battu aux échecs le champion du monde Garry Kasparov fut certainement la plus impressionnante démonstration d’IA ». À cette période, on ne parlait encore pas d’Intelligence Artificielle (IA), mais la machine Deep Blue peut être considérée comme l’ascendant de Deep learning en Intelligence Artificielle (IA). Cette prouesse de la machine face à l’homme a suscité d’énormes débats sur la comparaison entre l’homme et la machine, notamment sur leurs intelligences respectives. Les deux intelligences sont-elles comparables ? Plusieurs spécialistes et penseurs en informatique ont essayé de répondre à cette interrogation en définissant l’Intelligence Artificielle dans l’optique de comprendre s’il y a lieu de faire un parallélisme entre l’homme et la machine à partir de la faculté qu’est l’intelligence. Il n’existe pas de définition parfaite de l’Intelligence Artificielle (IA). La définition de l’Intelligence Artificielle s’avère complexe. Toutefois, selon le Conseil de l’Europe (2023), L’IA est en réalité une discipline jeune d’une soixantaine d’années, qui réunit des sciences, théories et techniques (notamment logique mathématique, statistiques, probabilités, neurobiologie computationnelle et informatique) et dont le but est de parvenir à faire imiter par une machine les capacités cognitives d’un être humain. L’Intelligence Artificielle, comme susmentionné, serait un ensemble de théories et de techniques qui consiste à imiter et simuler l’intelligence de l’homme. Elle peut être considérée comme étant une discipline transversale qui réunit une diversité de connaissances. Par sa capacité à imiter l’intelligence humaine, l’Intelligence Artificielle s’adapte à l’informatique traditionnelle. En informatique traditionnelle, l’Intelligence Artificielle est caractérisée par un déterminisme et une objectivité scientifique. Ainsi, si depuis Descartes, l’homme est défini comme un sujet raisonnable et rationnel, son intelligence consiste à faire usage de sa raison ou sa pensée. Pour mieux réfléchir et raisonner, l’homme s’appuie sur la méthode scientifique hypothético-déductive. À côté de cela, l’autre principe qui s’impose à lui est le partage cartésien en cogitans (sujet) et res extensa (reste du monde/objet) qui est devenu une base sur laquelle l’Intelligence Artificielle devrait s’appuyer pour imiter l’intelligence humaine. Pour l’instant, l’Intelligence Artificielle ne connaît que le binaire à cause de l’ordinateur classique et d’après C. Delannoy (2008, p. 3), elle « ne peut traiter ou manipuler qu’une information exprimée sous forme binaire ». Cette réalité oppose deux approches d’experts en informatique sur l’Intelligence Artificielle. La première approche d’experts en informatique appelée contre-computationnaliste ou phénoménologique préfère parler de programmation d’un ordinateur plutôt que d’intelligence chez l’ordinateur, pour la simple raison que l’intelligence est le propre de la nature. C’est le cas d’un papillon hydrophobe. Comme le souligne B. Louvet (2020), « une récente étude a examiné comment les différentes structures
15. LA DÉTERMINATION GÉNÉTIQUE DE L’INDIVIDU ET LA PART DE LIBERTÉ DANS SES ACTIONS
15. LA DÉTERMINATION GÉNÉTIQUE DE L’INDIVIDU ET LA PART DE LIBERTÉ DANS SES ACTIONS Akoua TANO-KAMELAN Institut National de Santé Publique, Abidjan (Côte d’Ivoire) tanokamelan@yahoo.fr Résumé La génétique étudie les gènes et leur variation accidentelle appelée mutation. Ces gènes, dans l’organisme participent au devenir de l’être humain, sa morphologie, ses actions, ses prises de décisions. À la naissance, la détermination génétique est déjà un acquis. Certains gènes apportent un bien être, d’autres gènes sont sources de maladie et parfois de mal être. Différentes recherches visent à pouvoir trouver des méthodes qui pourraient modifier certains gènes afin de supprimer la maladie à la source. Le patrimoine génétique de naissance peut être modifié avec les nouvelles découvertes en santé. Cette manipulation des gènes n’est pas toujours acceptée par tous surtout en pensant à la clonisation de l’humanité. La conservation du patrimoine génétique au sein d’une famille ou d’une population est un bien à préserver surtout si le résultat de ce patrimoine permet à l’humanité de survivre. Cette détermination génétique étant modifiable par la recherche et les nouvelles technologies ne serait donc pas seule à contrôler les actions des individus. Même si les gênes jouent un rôle important dans le devenir de l’être humain, il n’en demeure pas moins qu’il reste une personne unique en son genre. Il existe donc une marge de liberté dans les actions qu’il réalise et surtout sa volonté lui appartient entièrement. Ce travail contribue à montrer qu’il existe une part de liberté malgré la présence des gênes qui ne peuvent pas tout contrôler. Mots clés : Action, Détermination, Génétique, Individu, Liberté. Abstract: Genetics studies genes and their accidental variation called mutation. These genes, in the organism, participate in the future of the human being, his morphology, his actions, his decision-making. At birth, genetic determination is already acquired. Some genes bring well-being, other genes are sources of disease and sometimes unhappiness. Different research aims to be able to find methods that could modify certain genes in order to suppress the disease at the source. The genetic heritage of birth can be modified with new discoveries in health. This manipulation of genes is not always accepted by everyone, especially when thinking of the cloning of humanity. The conservation of the genetic heritage within a family or a population is an asset to be preserved, especially if the result of this heritage allows humanity to survive. This genetic determination being modifiable by research and new technologies would not therefore be the only one to control the actions of individuals. Even if genes play an important role in the future of a human being, he remains a unique person of his kind. There is therefore a margin of freedom in the actions he carries out and above all his will belongs entirely to him. This work contributes to showing that there is a degree of freedom despite the presence of genes which cannot control everything. Key words: Action, Determination, Genetics, Individual, Freedom. Introduction La génétique est la science qui étudie les gènes et leur variation et l’hérédité est tout ce que les enfants reçoivent de leurs deux parents (père et mère) comme gènes et constitue le patrimoine génétique. Dans la conception de l’espèce humaine, ce sont les gènes contenus dans l’ovule et le spermatozoïde, après plusieurs divisions cellulaires qui vont reconstituer tous les organes du fœtus. Le patrimoine génétique du nouveau-né lui vient uniquement de son père et de sa mère. C’est donc ces gènes des parents qui devraient refléter son physique, son comportement et ses prises de décisions. Cependant il faut savoir que les gènes en passant de génération en génération peuvent subir des mutations géniques ce qui pourraient être une première source qui contribuera à observer une différence entre les parents et leurs enfants. Les gènes ne se conservent pas totalement de génération en génération, certains acides aminés qui constituent les gènes peuvent être modifiés de façon accidentelle ou alors par des virus ou par des médicaments. Ainsi ce qu’un enfant hérite de ses parents peut changer d’un enfant à un autre suivant les mutations qui ont pu intervenir au cours de la croissance du fœtus et au cours de l’évolution de l’enfant. L’enfant donc nait avec son propre patrimoine génétique mais garde toujours la base qui vient des parents reproducteurs. C’est la raison fondamentale qui fait que chaque être humain est unique même si certaines informations génétiques correspondent à ce que les parents lui ont transmis tels que les groupes sanguins, la couleur des yeux et parfois des gênes qui entrainent des maladies parfois incurables comme la drépanocytose. La question qui conduit à réaliser ce travail est de savoir si tout ce que devient l’adulte en passant par le fœtus, l’enfant, l’adolescent est contrôlé par son patrimoine génétique ? Y a-t-il une part de liberté qui est laissé à l’individu ? Une personne peut-elle avoir des comportements qui ne sont pas sous le couvert de ses gènes et qui pourraient être tout le contraire de ce qu’il porte comme gènes dans son organisme ? Pour répondre à cette préoccupation une observation empirique et une revue de littérature ont été conduites, et ensuite un entretien approfondi a été réalisé avec 4 personnes. Un généticien, un sociologue, un jeune étudiant et une personne du troisième âge ont été interviewés. La question qui a été posé est la suivante « Pensez-vous qu’une personne, dans son attitude et son comportement agit selon l’héritage reçu de ses parents ou de sa communauté ? Avez-vous observé des comportements qui pourraient expliquer qu’une personne peut poser des actions qui dépendent uniquement de lui-même, de la liberté qu’il possède ? 1. les facteurs qui influencent l’individu Pour Franck Ramus (2007, p. 27-30), « l’être humain qui vient au monde n’est pas une feuille blanche ou une table rase ». Il est clair que l’être humain naît avec ses déterminants génétiques, son patrimoine génétique reçu comme hérédité de son père et de sa mère biologiques. Cependant, ces gènes peuvent être modifiés par des mutations géniques dues à des problèmes de vieillissement, des éléments chimiques, une
14. HABERMAS : LA GOUVERNANCE ET LE NÉCESSAIRE RÔLE DE L’ÉTAT EN AFRIQUE
14. HABERMAS : LA GOUVERNANCE ET LE NÉCESSAIRE RÔLE DE L’ÉTAT EN AFRIQUE Adjo Apolline NIANGORAN Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire) niangoranapolline@yahoo.com Résumé L’objectif de cet article est de mettre en lumière la gouvernance faite dans la société Africaine parsemée souvent par la corruption, l’injustice et l’insécurité. Face à cette situation déplorable, il faudrait un nécessaire rôle de l’État pour une bonne gouvernance. Pour expliquer cette idée, nous convoquons Jürgen Habermas, dans le dessein de montrer un mode de régulation où l’État a un rôle à jouer dans la gestion de la société africaine. Mots clés : Corruption, Démocratie délibérative, Gouvernance, État. Abstract: The objective of this article is to shed light on governance in African society, often marred by corruption, injustice, and insecurity. In the face of this deplorable situation, there is a need for a crucial role of the state in ensuring good governance. To expound on this idea, we invoke Jürgen Habermas, aiming to illustrate a mode of regulation where the state plays a role in the management of African society. Keywords: Corruption, Deliberative Democracy, Governance, State. Introduction La gouvernance peut se présenter comme l’ensemble des mécanismes de régulation d’un système économique et social en vue d’assurer des objectifs communs (sécurité, cohérence, ordre, prospérité, continuité du système). Cette définition semble difficilement applicable en Afrique, et du reste comme partout ailleurs dans le monde. En Afrique, la corruption, la mauvaise gouvernance, l’insécurité et les guerres sont des causes de désarrois et d’amertumes pour la population. Les signes plus que symptomatiques, mais à jamais concrets vont amener la population, pour échapper à cette situation douloureuse susmentionnée, à se lancer sur les routes et les mers à la recherche inconditionnelle d’une sécurité ou d’une stabilité qu’elle ne trouve pas chez elle. On peut dire que c’est une triste réalité pour l’Afrique. Il nous faut alors le nécessaire rôle de l’État pour favoriser une bonne gouvernance. C’est dans cette perspective, qu’il nous faut penser la gouvernance sous toutes ces formes. Quelles sont les causes de la mauvaise gouvernance en Afrique ? La gouvernance n’est-elle pas une forme de cohésion sociale ? Quel est le rôle de l’État dans la perspective d’une bonne gouvernance ? À travers la pensée de Jürgen Habermas et de la méthode analytique, nous allons dans un premier temps questionner le concept de gouvernance et de la corruption. Dans un deuxième temps, nous montrerons comment la gouvernance est une forme d’organisation sociale et une forme de valeur. Enfin, nous présenterons l’État comme exigence d’une bonne gouvernance. 1. La gouvernance et la corruption Le terme anglais gouvernance a été réintroduit dans les années 1990 par des économistes et politologues anglo-saxons, ainsi que par certaines organisations internationales (Banque Mondiale, F.M.I.) pour désigner l’art de gouverner. La gouvernance désigne ainsi un idéal normatif associé à la transparence et à l’éthique. Elle fut chargée de beaucoup de promesses pour les peuples africains, assoiffés de liberté et de bien-être. Toutefois, ici, il y a comme un hiatus entre la gouvernance et ce qu’elle devient réellement en Afrique. L’un des faits frappants est la corruption. La corruption est présentée comme détournement /retournement de fonds ou fuite des capitaux. La corruption est « un détournement des décisions et des actions publiques, normalement destinées à la promotion de l’intérêt public et à la présentation du bien commun, en faveur d’intérêts particuliers en échanges d’avantages personnels ». A. Lacroix et Y. Boisvert (2015, p. 11). La corruption est une réalité intimement incrustée dans le système socio-politique africain. Elle prospère et a gagné en notoriété en raison de son ampleur, de sa propagation et de la multitude qu’elle prend en Afrique. Elle se développe dans des conditions de monopolisation du pouvoir et de manque de transparence. On peut dire qu’elle est l’un des facteurs explicatifs de désordres politiques des africains. Il est clair, la corruption est source d’insécurité et l’une des principales menaces de développement et l’ennemi juré de la démocratie. Elle est une menace pour la prééminence du droit, la démocratie, l’équité, la justice sociale. L’absence de transparence affecte le développement économique. La corruption a pris une autre tournure et constitue un frein à la croissance économique. Il faut préciser qu’elle décourage l’investissement étranger en réduisant les ressources disponibles pour le développement. De ce point de vue, elle rend les pays africains plus pauvres. Dans la gouvernance africaine, règne l’injustice, l’arbitraire, la corruption avec ses corollaires qui sont la violation des droits fondamentaux, l’insécurité. J. Habermas (2012, p. 28) fait ce constat : « les effets d’accroissement de la prospérité se distribuent de manière tellement asymétrique, que ce soit à l’échelle nationale ou internationale, que nous voyons s’étendre, sous nos yeux, les zones de pauvreté ». À l’évidence, pour Habermas, il y a une forme d’inégalité apparente qui existe dans la répartition du bien-être. Ce qui pose le problème de gouvernance. Certains dirigeants sont des sangsues qui vivent sur le dos des masses ignorantes et asservies, dépossédées parce qu’elles n’ont jamais rien possédé. L’on voit bien, la corruption est porteuse d’excusions donc de conflits et d’instabilités. Elle enlise les pays africains dans une précarité et une misère matérielle qui ne peut que conduire qu’au chaos. L’Afrique, on peut le dire, n’a jamais été intrinsèquement pauvre. Paradoxalement, la pauvreté de ses habitants résulte de la corruption et des pratiques frauduleuses perpétrées par leurs dirigeants en complicité avec certains réseaux européens. La maladie de la corruption expliquerait les guerres, l’insécurité, l’injustice et l’immigration. Précisons que la migration est due aux conditions de vie incertaine de certaines populations africaines à la recherche d’un bien être. Le mauvais emploi des ressources publiques et leurs utilisations à des fins personnelles conduisent à une méfiance/défiance. À cet effet, K. D. Kouadio (2017, p. 206) fait remarquer ceci : « lorsque cette corruption est organisée et planifiée au sommet de l’État, par exemple, nous sommes face à un pillage des ressources qui n’est rien d’autre que le sabotage du rêve à l’émergence, la ruine de l’espoir qu’il suscite ». Les inégalités matérielles s’accentuent tant sur le plan des revenus que celui de propriété et de
13. L’INCARNATION COMME DEMEURE DE LA QUÊTE IDENTITAIRE AU CŒUR DES MUTATIONS SOCIALES
13. L’INCARNATION COMME DEMEURE DE LA QUÊTE IDENTITAIRE AU CŒUR DES MUTATIONS SOCIALES Kibsi Sylvain YAMÉOGO Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Abidjan (Côte d’Ivoire) yameogosylavaink@gmail.com Résumé Les réflexions sur la question de l’identité semblent tellement avoir été débattues et revendiquées qu’on a l’impression qu’elle n’a plus de sens ou même qu’elle doit être abandonnée surtout dans nos sociétés en pleine mutation. Mais n’est-il pas important de ré-fléchir en termes de philosopher sur le même comme cheminement et médiation bienfaisante ? Elle ne doit pas être tue. Toute lutte identitaire est toujours sur la trace et la trajectoire de l’histoire de l’homme qui ne peut être appréhendée sans l’incarnation, puisque la question « qui suis-je ? » s’y rapporte authentiquement. À travers ce thème, nous voudrons faire venir au jour ceci que l’ouverture à l’autre dans le mouvement historique, ne signifie pas perte de son identité, mais assomption de l’autre pour que se précise davantage le « qui-suis-je ? ». Cependant, la thèse s’articulera autour de ceci que par la médiation de l’incarnation, l’identité doit être non seulement reconnue, mais pas simplement en termes de revendication ostentatoire, mais par le travail et la mise en éveil des valeurs africaines, anthropologico-sociales dans la responsabilité et le témoignage de l’être-vie. L’incarnation nous indique et nous insère dans la vie et l’histoire et nous propulsant dans la pensée et le travail dont elle est la source. Mots clés : Être, Histoire, Identité, Incarnation, Travail. Abstract Reflections on the question of identity seem to have been debated and claimed so much that we have the impression that it no longer has any meaning or even that it must be abandoned, especially in our rapidly changing societies. But is it not important to reflect in terms of philosophizing about the same as a path and beneficial mediation? Reflecting here takes on the meaning of bending over the question again. Because this question, as it involves us and integrates us, is never overcome. This is why it must not be silenced. Any identity struggle is always on the trace and trajectory of human history which cannot be understood without incarnation, since the question “who am I?” authentically relates to it. Through this theme, we would like to bring to light the fact that openness to the other in the historical movement does not mean loss of one’s identity, but assumption of the other so that the “who am I ?” becomes more precise. However, the thesis will revolve around the fact that through the mediation of incarnation, identity must not only be recognized, but not simply in terms of ostentatious claim, but through work and the awakening of African values, anthropological-social in the responsibility and testimony of being-life. Incarnation points us to and inserts us into life and history and propels us into thought and work. Keywords : Being, History, Identity, Incarnation, Work. Introduction Notre société est en n’en point douter en pleine mutation vertigineuse. Les questions de mondialisation ou de globalisation accompagnées des transformations industrielles et techniques font du monde une planète multipolaire et plurifonctionnelle. Tout bouge et rien ne semble être s’il n’entre pas dans ce processus du mouvement. L’homme n’échappe guère à ce grand ménage qui se déroule sous ses yeux ou avec lui et par lui. À bien des égards, cette mutation bien que salutaire, nous interpelle. Car elle nous étouffe en même temps qu’elle nous essouffle à cause de la rapidité avec laquelle le changement s’opère. Mais au fond, ces bouleversements sociaux sont en chemin et en cours vers quel éveil ? La mutation sociale ne doit pas devenir la mutation de l’homme. D’où l’urgente et constante nécessité de revenir à ce qui a fondé le bonjour de l’homme, c’est-à-dire ici l’incarnation. En effet, l’incarnation apparaît comme la base de toute identité et il convient de la préserver malgré les coups de l’histoire. Cependant la réalité semble nous convaincre du fait que l’identité est en crise et le monde paraît travailler pour un renouveau mondial où les identités sont confrontées à des crises d’attestation. Or notre identité se définit par rapport à notre incarnation qui la soutient. La question fondamentale qui se pose est celle-ci : comment l’incarnation peut-elle fonder le cheminement vers l’attestation identitaire ? Par ailleurs, en quoi l’approche de l’incarnation peut-elle fournir les conditions de possibilité d’une meilleure compréhension de l’homme ? Puisque l’ouverture à l’autre est un attribut de l’incarnation, comment préserver l’humain sans pourtant briser le cours de l’histoire en marche dans la temporalité existentielle ? Comment assumer cette mutation sans perdre son identité ? L’incarnation comme source de notre être-là, s’offre à l’analyse comme chemin d’une meilleure compréhension de notre identité africaine. Ainsi, dans quelle mesure, l’incarnation de l’homme comme être lié à un corps peut-elle se poser comme condition de possibilité d’une approche identitaire ? Nous voudrons faire venir au jour ceci que l’ouverture à l’autre dans le mouvement historique, ne signifie pas perte de son identité, mais assomption de l’autre pour que se précise davantage le « qui-suis-je ? ». À travers une méthode analytique, la thèse de cette réflexion s’articulera autour de ceci que par la médiation de l’incarnation, l’identité doit être non seulement reconnue, mais pas simplement en termes de revendication ostentatoire, mais par le travail et la mise en éveil des valeurs africaines, anthropologico-sociales dans la responsabilité. 1. Constat : de l’objectivation du monde « L’homme ou l’organisation qui renie ses racines et ne reconnaît plus son être propre se renie ou est frappé d’amnésie ». (Cardinal R. Sarah, N. Diat, 2019, p. 277). Cette déclaration illustre le propos qui sera nôtre ici. En effet, l’homme se définit humain en tant qu’il a une origine et une source. Il est incarné et cette incarnation oriente son identité. Malheureusement, la laideur a envahi plusieurs pans de la société : le mal et le bien sont confondus, le mensonge est par endroits célébré et « n’a plus honte » de lui-même et sa propre ombre, on crée de nouveaux concepts pour atténuer la gravité et l’horreur des faits qu’ils cachent, on fabrique désormais l’humanité et le sexe des hommes créés par l’Être intelligent
12. DIEU, L’AFRIQUE ET LE MAL
12. DIEU, L’AFRIQUE ET LE MAL Mafa Georges ASSEU Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire) amageo12@yahoo.fr Résumé La pensabilité de Dieu induit de manière principielle, une réflexion qui s’articule selon une logique du Bien. Cette pensée sur Dieu, pose par-delà l’humanisme, les fondements d’un attachement à la prévenance et au caractère débonnaire du Divin. Du coup, toute personne, d’où qu’elle vienne, où qu’elle se trouve, est susceptible de manifester naturellement un besoin de protection, d’assistance vis-à-vis d’un Dieu, maître du temps, de l’espace et de l’histoire. L’Afrique se présente à la vérité, comme le continent où le regain de la croyance en Dieu se laisse percevoir de manière ostensible. Tout part de l’idée que face au mal et aux difficultés de la vie, l’homme ne pourrait trouver sa consolation, sa réalisation et son assurance qu’en se réfugiant en Dieu. Mais le constat est que le continent et ses habitants sont le plus en mal d’existence. La vie en Afrique est pensée sous le signe de la déficience, de la précarité, de l’anomie, de la guerre, de l’instabilité institutionnelle, de la malnutrition, etc. Si l’Afrique se présente aux yeux des autres espaces géographiques comme une figure de l’Ailleurs, c’est justement parce que l’apocalypse est vécu sous l’ordre de plusieurs catégories. Pourquoi malgré un regard tout tourné vers l’horizon de la transcendance, l’Afrique apparaît-elle comme un lieu si pauvre d’existence ? Dieu aurait-il abandonné l’Afrique ? La persistance du mal serait-elle l’expression d’une situation géographique inconfortable ou le fait d’un refus d’assumation d’un rôle historique par les Africains eux-mêmes ? Mots clés : Afrique, Dieu, Devenir, Histoire, Mal, Résilience. Abstract The thoughtfulness of God leads mainly to a reflection that is articulated according to the logic of the Good. This thought on God sets beyond humanism, the foundations of an attachment to the thoughtfulness and the debonair character of the Divine. As a result, any person, wherever he or she comes from, is likely to naturally manifest a need for protection, for assistance from a God, master of time, space, and history. Africa presents itself as the continent where the revival of belief in God can be perceived in an ostensible way. Everything starts from the idea that in face of evil and the difficulties of life, man could only find consolation, fulfilment, and assurance by taking refuge in God. But the observation is that the continent and its inhabitants are most in need of existence. Life in Africa is thought to be under the sign of deficiency, precariousness, anomie, war, institutional instability, malnutrition, etc. The reason why Africa appears to the eyes of other geographical spaces as a figure of the Elsewhere is precise because the apocalypse is lived under the order of several categories. Why is it that Africa, in spite of a gaze turned towards the horizon of transcendence, appears as a place so poor in existence? Would God have abandoned Africa? Would the persistence of evil be the expression of an uncomfortable geographical situation or the fact of a refusal to assume a historical role by the Africans themselves? Keywords: Africa, God, becoming, History, Evil, Resilience Introduction La proximité que les Africains par leurs différents cultes manifestent vis-à-vis de Dieu, a donné lieu à la mise en contexte des conditions de précarité qu’ils connaissent sur le continent. Cette situation est rendue incompréhensible et suscite même des interrogations sans nombre. Car aux yeux de certaines personnes, Dieu, par son caractère débonnaire, ne pourrait pas permettre qu’un peuple qui lui voue une attention particulière, puisse connaître une pauvre existence. Nous sommes ainsi conduits par la problématique suivante : Dieu peut-il être tenu pour responsable de la situation de sous-développement de l’Afrique ? Nous partons de l’hypothèse que la relation à Dieu n’a pas en soi un rapport direct avec le développement ou le sous- développement. Autrement dit, les hommes sont d’abord et avant tout, ceux qui portent la responsabilité du devenir de leur pays. Notre objectif est de montrer que l’Afrique ne peut sortir de sa situation de mal-vivre que par ses propres dispositions mentales et intellectuelles. Nous ferons usage dans cette réflexion de la méthode critique. Ce travail se subdivise en trois moments. Le premier moment se pose sous la forme d’une interrogation. Il est intitulé : L’Afrique, espace d’un mal-être ? Le deuxième moment a pour titre, Comprendre la question du mal en son versant principal. Le troisième moment est intitulé : Le devenir, une capacité destinale. 1. L’Afrique, espace d’un mal-être ? 1.1. La figure d’un paradoxe L’Afrique est aussi bien le berceau de l’humanité que l’espace dont le sous-sol est pourvu de nombreuses richesses minières et énergétiques. Ainsi selon Jean Ziegler (1980, p. 21) « l’Afrique est aussi le continent qui possède les dépôts les plus étendus de minerais stratégiques (cobalt, uranium, manganèse, etc.) et de minerais précieux (or, argent, diamant) ». En matière d’énergie d’origine hydraulique, l’Afrique possède les 2/3 de la production mondiale. L’uranium, le zinc, le plomb, l’argent, les minerais de fer, la bauxite, constituent entre autres, la fierté du continent. La présence de forêts constitue une zone d’élection pour la possibilité qu’elle donne « à l’installation d’une industrie variée du bois, avec ses produits dérivés (alcool méthylique, acétone, goudron, dérivés cycliques qui pourront servir de matière première de synthèse à une industrie de colorants) ; des industries de pâte à papier, de tissus artificiels à partir de la cellulose, de matières plastiques, etc., seront également créées à partir de la forêt » (Cheikh Anta Diop, 1974, p. 75-76). L’Afrique porte l’image d’un passé riche qui fait d’elle, une grande figure dans l’histoire de l’humanité. À travers l’Égypte pharaonique, elle se présente comme la grande civilisation d’où viendront s’éclairer les autres peuples. L’Égypte porte le témoignage de nombreux Occidentaux en l’occurrence les Grecs y ayant séjourné pour des études dans tous les domaines de la science. De tous les autres continents, l’Afrique est cette région du monde qui porte le fardeau d’une société qui serait condamnée à une pauvre existence. C’est le lieu de la déficience, de la précarité, des guerres, de la paupérisation, de l’anomie,
11. PHILOSOPHIE ET POLITIQUE : DE LA NECESSITE D’UNE CIRCULARITE POUR UN RÉAMÉNAGEMENT DE L’ÉTAT POSTCOLONIAL EN AFRIQUE
11. PHILOSOPHIE ET POLITIQUE : DE LA NECESSITE D’UNE CIRCULARITE POUR UN RÉAMÉNAGEMENT DE L’ÉTAT POSTCOLONIAL EN AFRIQUE Boni Eriola Richard ATCHADÉ Grand séminaire Philosophât Saint Paul de Djimè (Bénin) eriolaboni@gmail.com Résumé La postcolonie, c’est le résultat d’une histoire de l’échec des Africains à être maîtres de leur propre histoire et de leur destin. Une des plus grandes illustrations en est la situation actuelle de l’État africain postcolonial en tant qu’il est le plus grand représentant du système colonial. Cet article a pour objectif de montrer la responsabilité de la pensée philosophique en Afrique de cet état de chose. Car elle s’est consacrée pendant longtemps à défendre l’autonomie culturelle et les valeurs africaines, tout en laissant libre cours à ce qui détruit ces valeurs : l’État postcolonial. La question de la légitimité du pouvoir étant primordiale pour toute philosophie politique, nous montrerons dans un premier abord que la situation politique actuelle en Afrique subsaharienne marquée par une succession de coups d’État est une conséquence du déficit de légitimité de l’État postcolonial. Après avoir montré dans un second temps que, malgré quelques contributions, la contribution de la pensée philosophique dans la construction de l’État africain reste déficitaire, nous verrons enfin que, si elle veut être crédible, la philosophie en Afrique ne peut échapper au travail conceptuel de déconstruction qui la conduira à formuler sans compromis un projet philosophique politique adapté aux réalités africaines. Mots clés : Démocratie africaine, État postcolonial, Légitimité Politique, Liberté, Pouvoir politique. Abstract Postcolony is the result of a history of Africans’ failure to be masters of their own history and destiny. One of the greatest illustrations of this is the current situation of the post-colonial African state, insofar as it is the greatest representative of the colonial system. The aim of this article is to show the responsibility of philosophical thought in Africa for this state of affairs. For it has long devoted itself to defending cultural autonomy and African values, while giving free rein to that which destroys these values: the postcolonial state. Since the question of the legitimacy of power is central to any political philosophy, we begin by showing that the current political situation in sub-Saharan Africa, marked by a succession of military coups, is a consequence of the lack of legitimacy of the post-colonial state. After showing that, despite a number of contributions, the contribution of philosophical thought to the construction of the African state remains deficient, we will finally see that, if it wishes to be credible, philosophy in Africa cannot avoid the conceptual work of deconstruction which will lead it to formulate, without compromise, a political philosophical project adapted to African realities. Key words: African democracy, Postcolonial State, Political Legitimacy, Freedom, political Power Introduction Au Colloque sur « La Problématique de l’État en Afrique Noire » (H. Aguessy, A. I. Asiwaju, 1983), deux points saillants ont retenu entre autres l’attention des participants : d’une part le bilan troublant, inquiétant et très négatif de la situation politique des États africains hérités de l’époque coloniale et d’autre part des carences par rapport à l’état de discussion sur l’État en Afrique. Si les participants ont salué l’interdisciplinarité des discussions et des échanges, s’ils ont souligné avec une certaine satisfaction le fait « que des intellectuels africains appartenant à des disciplines scientifiques et à des courants de pensée différents se décident enfin à réfléchir ensemble et à échanger des idées sur la problématique de l’État en Afrique Noire » (I. Diaïté, 1983, p. 15), il n’en demeure pas moins qu’ils ont déploré un manque d’écrits spécifiquement philosophiques sur l’État en Afrique au sud du Sahara (L. Sosoe, 2017, p. 4). Au-delà de cet intérêt pour l’interdisciplinarité qui incite chaque discipline à apporter sa contribution à la construction de l’État en Afrique, reconnaître la présence réduite des ouvrages spécialement philosophiques en la matière, c’est souligner l’importance particulière dans ce débat de la circularité dialectique entre la philosophie et la politique. En effet, il ne peut y avoir de philosophie sans politique ni de politique sans philosophie. Et cette interdépendance entre philosophie et politique ne saurait être une activité secondaire, mais d’une importance de premier rang. Une des questions fondamentales de la philosophie politique, on le sait, est de savoir à qui il convient de remettre le pouvoir ou encore pourquoi des individus obéissent à l’autorité d’un pouvoir plutôt que d’un autre. Au regard de la situation politique actuelle en Afrique subsaharienne marquée par une bague de coups d’États aux allures de révolution, parce qu’accueillis dans une liesse populaire, se pose la question de légitimité de l’État postcolonial. Celui-ci est-il vraiment légitime ? C’est la question que nous essayerons d’analyser dans la première partie de ce article. Plus de quatre décennies après le colloque de Dakar sus-évoqué, qu’en est-il de la contribution de la pensée philosophique africaine dans la problématique de l’État en Afrique subsaharienne ? Ceci sera l’objet de notre analyse dans une deuxième partie. De ce bref aperçu analytique de l’implication réelle de la philosophique africaine dans la construction de l’État africain, on verra la nécessité et l’urgence d’un projet philosophique politique en contexte africain. Mais quelles formes pareil projet peut-il revêtir ? C’est par une tentative de réponse à cette question que s’achèvera cette ébauche de réflexion. 1. Du déficit de légitimité de l’État postcolonial ? Les récents événements politiques en Afrique subsaharienne marqués par une vague de coups d’État militaires, notamment au Mali (18 août 2020 et 24 mai 2021), en Guinée Conakry (5 septembre 2021), au Burkina Faso (24 janvier 2022 et 30 septembre 2022) et au Niger (26 juillet 2023), ne sont-ils pas le signe que les rapports entre l’État postcolonial et les sociétés africaines sont entrés dans une quatrième phase de leur développement ? On n’est pas loin de le croire. En effet, si l’espérance suscitée par les indépendances (première phase) a vite fait place au rejet sur fond de crise des régimes dictatoriaux (deuxième phase), le regain d’intérêt avec le « vent de démocratisation » (troisième phase) sur le Continent semble ne pas avoir tenu la promesse des
10. LE CHRISTIANISME EN AFRIQUE : LA TROISIÈME DISPARITION À L’HORIZON ?
10. LE CHRISTIANISME EN AFRIQUE : LA TROISIÈME DISPARITION À L’HORIZON ? Domèbèimwin Vivien SOMDA Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Abidjan (Côte d’Ivoire) somda.vivien@gmail.com Résumé Cette contribution exprime une inquiétude au sujet de l’avenir du Christianisme en Afrique. Malgré les succès dans l’évangélisation de ce continent, il y a de nombreuses raisons internes à l’Église ou liées au contexte sociopolitique et culturel, qui poussent à l’inquiétude. En appliquant la théorie du « catastrophisme éclairé » de Jean-Pierre Dupuy et en se référant essentiellement au Burkina Faso, cette réflexion qui cherche principalement à réveiller les chrétiens africains et à empêcher une nouvelle disparition du Christianisme sur leur continent, part de l’idée que cette disparition est bien possible, d’où cette question empruntée à l’Évangile : « Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il la foi » en Afrique ? La réponse prend la forme d’une réflexion analytique et prospective, basée sur une recherche documentaire. Pour ce qui est des confessions chrétiennes, la réflexion se réfère principalement au Catholicisme. Concernant la vie des Églises locales, elle s’appuie sur celle du Burkina Faso. Si les chrétiens prennent effectivement conscience de la possible et prochaine disparition de leur religion en Afrique, ils ne peuvent que se réveiller en trouvant des stratégies qui fassent progresser l’évangélisation aujourd’hui et enracinent davantage l’Évangile sur le continent africain. C’est un combat qui passe par l’inculturation, l’interculturalité, le dialogue et l’engagement dans le développement humain intégral. Mots clés : Catastrophisme éclairé, Christianisme Africain, Inculturation, Interculturalité, Syncrétisme. Abstract This paper is concerned about the future of Christianity in Africa. Despite the great success of evangelisation on this continent, there are many reasons within the Church and linked to the socio-political and cultural context that give cause for concern. Applying Jean-Pierre Dupuy’s theory of “enlightened catastrophism” and referring essentially to Burkina Faso, this Paper, which aims primarily to awaken African Christians and thus prevent a new disappearance of Christianity on their continent, is based on the idea that such a disappearance is very possible. Hence this question borrowed from the Gospel: ‘When the Son of Man returns, will he find faith’ in Africa? The answer takes the form of an analytical and forwardlooking reflection, based on documentary research. As far as Christian denominations are concerned, the focus is mainly on Catholicism. The life of the local Churches in Burkina Faso also serves as a reference. If Christians become aware of the possible and imminent disappearance of their religion in Africa, they will pay particular attention to evangelisation on their continent today. They will find strategies that encourage the Gospel to take root on the African continent. But this requires inculturation, interculturality, dialogue and a commitment to integral human development. Key words: Enlightened Catastrophism, African Christianism, Inculturation, Interculturality, Syncretism. Introduction Le Christianisme peut de nouveau disparaître en Afrique ; la troisième phase d’évangélisation de ce continent va encore échouer, si rien n’est fait. Certes, on a tendance à croire que l’avenir du Christianisme se joue dans l’hémisphère sud, au regard de la vitalité de la foi chrétienne en Amérique latine et en Afrique. Sur le continent africain, le Christianisme croît de façon rapide comme l’a reconnu Jean Paul II dans Ecclesia in Africa (n°33). En certains endroits, il a même fait disparaître la Religion Traditionnelle Africaine (RTA). En d’autres, le concurrent sérieux du Christianisme, c’est désormais l’Islam. Mais quand on examine de près la situation de la religion chrétienne sur le continent, il y a des raisons de s’inquiéter au sujet de son avenir, d’où cette question du Christ désormais posée aux Africains : « Quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la foi » (Lc 18,8) ? Mais qu’est-ce qui justifie cette question inquiétante ? Sur le continent africain, quelle est la situation réelle de cette religion qui se réclame du Christ ? Comment éviter la possible disparition de la foi chrétienne en Afrique ? Pour répondre à ces questions, la présente contribution qui porte sur l’avenir du Christianisme en Afrique se fixe un double objectif : réveiller les chrétiens africains qui semblent s’endormir sur les acquis du passé et envisager l’avenir de sorte à éviter la catastrophe de la disparition. Pour atteindre ces objectifs, la réflexion qui se réfère principalement au Catholicisme comme branche chrétienne majoritaire en Afrique et au Burkina Faso pour ce qui est de la vie des Églises locales, adopte une approche analytique et prospective, fondée sur une recherche documentaire et soutenue par la théorie du catastrophisme éclairé de Jean Pierre Dupuy. En pratique, la présente réflexion débutera avec une présentation de son cadre théorique. Puis à travers l’esquisse d’un tableau actualisé du Christianisme sur un arrière-fond historique, elle présentera les signes avant-coureurs du troisième échec de l’évangélisation de l’Afrique. Enfin, elle fera quelques propositions susceptibles de conjurer cet échec. 1. L’avenir du Christianisme en Afrique : cadre théorique Pour penser l’avenir du Christianisme en Afrique, la présente réflexion s’inspire du « catastrophisme éclairé » de Jean-Pierre Dupuy. Philosophe français né en 1941, celui-ci s’est une fois présenté en ces termes : « Je ne suis pas un intellectuel chrétien, mais un chrétien intellectuel. Le christianisme est une science beaucoup plus qu’une religion ». Influencé par I. Illich (1926-2002) et R. Girard (1923-2015), ce « chrétien intellectuel » (https://www.lemonde.fr/livres/article/2009/03/20/jean-pierre-dupuy-quand-il-y-a-demesure-il-y-a-deshumanisation_1170414_3260.html, consulté le 29 août 2022), a une vive conscience eschatologique. L’idée de la « montée aux extrêmes » soutenue par C. von Clausewitz et amplifiée par R. Girard a trouvé dans sa philosophie un écho favorable. À la suite du théoricien du désir mimétique, J.-P. Dupuy se révèle finalement comme un penseur habité par l’idée de la fin catastrophique de l’humanité. Il le confesse en ces termes : J’ai l’intime conviction que notre monde va droit à la catastrophe. Le chemin sur lequel s’avance l’humanité est suicidaire. Je parle de la catastrophe au singulier, non pour désigner un événement unique, mais un système de discontinuités, de franchissements de seuils critiques, de ruptures, de changements structurels radicaux qui s’alimenteront les uns les autres, pour frapper de plein fouet avec une violence inouïe les générations montantes (J.-P. Dupuy, 2010, p. 31). La conscience eschatologique marque la pensée de J.-P. Dupuy
9. LA MARMITE DE MA MÈRE. ENJEUX D’UNE RECONSTRUCTION IDENTITAIRE EN AFRIQUE
9. LA MARMITE DE MA MÈRE. ENJEUX D’UNE RECONSTRUCTION IDENTITAIRE EN AFRIQUE Gaston OGUI COSSI Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) gasog2012@gmail.com Résumé S’il est vrai que tout peuple préfère sa culture à celle d’autres peuples, le constat est qu’il ne semble pas toujours ainsi pour le peuple africain. Ce qui le fascine au premier chef, croit-on, c’est la culture de l’autre idéalisée au superlatif alors que la sienne propre serait rangée au second plan. Une telle attitude ferait de l’Africain un extraverti quêtant sa réalisation chez l’autre. Et pourtant, la question ne semble pas aussi simple que les réponses qu’on prétend en donner. L’apparente préférence de l’Africain pour d’autres cultures n’aurait-elle pas des racines plus profondes que ce qui émerge à la conscience collective ? Afin qu’au festin de l’humanité, la marmite de la « Mère-Afrique » soit appréciée à sa juste valeur, l’élite africaine devraient s’engager auprès du peuple à favoriser des conditions qui permettent à tous d’être à l’aise avec les « mets » de leur propre terroir. La tâche prioritaire qui incombe à l’intelligentsia africaine est de discerner les vrais mobiles d’une apparente extraversion en vue d’une reconstruction identitaire qui respecte les vraies valeurs africaines. La réflexion sur la métaphore de « la marmite de ma mère » ou de la « Mère-Afrique » se veut une modeste contribution à la réalisation de ce projet. Mots-clés : Afrique, Culture, Éducation, Identité, Immigration, Mère, Reconstruction, Stéréotype. Abstract While it’s true that every society prefers its own culture to that of others, this doesn’t always seem to be the case for the African people. What fascinates them most, it is believed, is the culture of others, idealized in the superlative, while their own is relegated to the background. Such an attitude would make the African an extrovert seeking fulfillment in others. And yet, the question doesn’t seem as simple as the answers we’re given. Could not it be that the African’s apparent preference for other cultures has deeper roots than what is apparent to the collective consciousness? To ensure that “Mother Africa’s” cooking pot is fully appreciated at the feast of humanity, Africa’s elite should make a commitment to the people to foster conditions that enable everyone to feel at ease with the “delicacies” of their own terroir. The priority task facing the African intelligentsia is to discern the true motives behind apparent extraversion, with a view to rebuilding identity in a way that respects true African values. Reflecting on the metaphor of “my mother’s cooking pot” or “Mother Africa” is intended as a modest contribution to the realization of this project. Keywords : Africa, Culture, Education, Identity, Immigration, Mother, Reconstruction, Stereotype. Introduction C’est désormais un fait de société de voir sur les routes du monde, sur terre et sur mer, les ressortissants de l’Afrique subsaharienne partir vers d’autres horizons tels que la France, l’Italie, l’Espagne et même vers les pays de l’Amérique du Nord, même au risque de leur vie. Le mythe de l’Occident arboré comme un paradis terrestre, et donc l’Eldorado rêvé, exercerait sur les Africains, toute condition sociale confondue, un attrait tel que le sol européen ou américain, et par conséquent sa culture, serait valorisés plus que la terre africaine et sa culture. Le choix de ce sujet : « La marmite de ma mère : enjeux d’une reconstruction identitaire en Afrique » est motivé par ce constat expérientiel. Notre question de départ est ains formulée : « Un enfant mépriserait-il sa mère au profit d’une autre ? » Cette banale question dont la réponse paraît plus qu’obvie ne semble pourtant pas recueillir une approbation aussi claire qu’univoque selon les expectatives. Face au phénomène observé, les Africains eux-mêmes semblent bien divisés : pour certains, la fuite des cerveaux serait l’expression d’un manque de patriotisme ou simplement la conséquence d’une insouciance teintée du goût de risque ; pour d’autres les racines de la fuite de la terre africaine au profit d’autres contrées sont plus profondes que ce qui se laisse voir. Quoi qu’il en soit, la thèse d’une causalité univoque ne semble point suffisante pour rendre compte du drame existentiel et culturel inhérent au phénomène d’émigration ou d’immigration ni même de l’apparente préférence d’une culture exogène à la culture endogène. Et si ce qui s’observe de nos jours n’est rien de moins que la résultante de stéréotypes qui ont fini par façonner l’imaginaire collectif et déterminer des comportements mal maîtrisés aujourd’hui ! Dans cette étude qui se veut aussi bien phénoménologique, analytique qu’herméneutique, nous tâcherons de comprendre le poids des préjugés sur le peuple africain et sa part de responsabilité devant l’histoire. 1. Des stéréotypes à la vie dure La géopolitique contemporaine est tissée de stéréotypes à la vie dure. Le journaliste américain Walter Lippmann (1922) « considère les stéréotypes comme « des images dans nos têtes » – simplificatrices, relativement rigides, et pas toujours de bonne qualité… – qui fonctionneraient comme des filtres entre la réalité objective et l’idée que l’on s’en fait. Lippmann dégage plusieurs caractéristiques des stéréotypes : les stéréotypes sont des idées consensuelles, c’est-à-dire socialement partagées ; les stéréotypes sont rigides, c’est-à-dire qu’ils résistent à la preuve du contraire » (J.-B. Legal, S. Delouvée, 2021, p. 11). Ceux-ci sont diversement exprimés et largement partagés surtout dans l’opinion publique qui ne saurait les vérifier ou par faute de moyen fiable ou simplement par paresse intellectuelle. Des stéréotypes individuels, on migre bien souvent aux stéréotypes institutionnels qui finissent par devenir des stéréotypes systémiques. Deux types de stéréotypes antithétiques sont de nature à éclairer la réflexion à ce niveau : les stéréotypes interethniques (G. Ogui Cossi, 2014) et les stéréotypes interculturels. Ils peuvent être de l’ordre du ludique ou revêtir un caractère de perversité au mobile très ambigu. En partant de leur mécanisme de fonctionnement, nous apprécierons leur caractère et leur subtilité. 1.1. Le mécanisme traditionnel et moderne des stéréotypes Les stéréotypes que l’on rencontre entre les communautés intra-culturelles ou interculturelles en Afrique sont beaucoup plus de l’ordre du ludique : ils émanent souvent de la parenté à plaisanterie ou des alliances à plaisanterie. Sortis de ce cadre, les stéréotypes, en Afrique, sont généralement