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    9. LA MARMITE DE MA MÈRE. ENJEUX D’UNE RECONSTRUCTION IDENTITAIRE EN AFRIQUE

    9.  LA MARMITE DE MA MÈRE. ENJEUX D’UNE RECONSTRUCTION IDENTITAIRE EN AFRIQUE

    Gaston OGUI COSSI

    Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)

    gasog2012@gmail.com

    Résumé

    S’il est vrai que tout peuple préfère sa culture à celle d’autres peuples, le constat est qu’il ne semble pas toujours ainsi pour le peuple africain. Ce qui le fascine au premier chef, croit-on, c’est la culture de l’autre idéalisée au superlatif alors que la sienne propre serait rangée au second plan. Une telle attitude ferait de l’Africain un extraverti quêtant sa réalisation chez l’autre. Et pourtant, la question ne semble pas aussi simple que les réponses qu’on prétend en donner. L’apparente préférence de l’Africain pour d’autres cultures n’aurait-elle pas des racines plus profondes que ce qui émerge à la conscience collective ? Afin qu’au festin de l’humanité, la marmite de la « Mère-Afrique » soit appréciée à sa juste valeur, l’élite africaine devraient s’engager auprès du peuple à favoriser des conditions qui permettent à tous d’être à l’aise avec les « mets » de leur propre terroir. La tâche prioritaire qui incombe à l’intelligentsia africaine est de discerner les vrais mobiles d’une apparente extraversion en vue d’une reconstruction identitaire qui respecte les vraies valeurs africaines. La réflexion sur la métaphore de « la marmite de ma mère » ou de la « Mère-Afrique » se veut une modeste contribution à la réalisation de ce projet.

    Mots-clés : Afrique, Culture, Éducation, Identité, Immigration, Mère, Reconstruction, Stéréotype.

    Abstract

    While it’s true that every society prefers its own culture to that of others, this doesn’t always seem to be the case for the African people. What fascinates them most, it is believed, is the culture of others, idealized in the superlative, while their own is relegated to the background. Such an attitude would make the African an extrovert seeking fulfillment in others. And yet, the question doesn’t seem as simple as the answers we’re given. Could not it be that the African’s apparent preference for other cultures has deeper roots than what is apparent to the collective consciousness? To ensure that “Mother Africa’s” cooking pot is fully appreciated at the feast of humanity, Africa’s elite should make a commitment to the people to foster conditions that enable everyone to feel at ease with the “delicacies” of their own terroir. The priority task facing the African intelligentsia is to discern the true motives behind apparent extraversion, with a view to rebuilding identity in a way that respects true African values. Reflecting on the metaphor of “my mother’s cooking pot” or “Mother Africa” is intended as a modest contribution to the realization of this project.

    Keywords : Africa, Culture, Education, Identity, Immigration, Mother, Reconstruction, Stereotype.

    Introduction

    C’est désormais un fait de société de voir sur les routes du monde, sur terre et sur mer, les ressortissants de l’Afrique subsaharienne partir vers d’autres horizons tels que la France, l’Italie, l’Espagne et même vers les pays de l’Amérique du Nord, même au risque de leur vie. Le mythe de l’Occident arboré comme un paradis terrestre, et donc l’Eldorado rêvé, exercerait sur les Africains, toute condition sociale confondue, un attrait tel que le sol européen ou américain, et par conséquent sa culture, serait valorisés plus que la terre africaine et sa culture.

    Le choix de ce sujet : « La marmite de ma mère : enjeux d’une reconstruction identitaire en Afrique » est motivé par ce constat expérientiel. Notre question de départ est ains formulée : « Un enfant mépriserait-il sa mère au profit d’une autre ? » Cette banale question dont la réponse paraît plus qu’obvie ne semble pourtant pas recueillir une approbation aussi claire qu’univoque selon les expectatives.

    Face au phénomène observé, les Africains eux-mêmes semblent bien divisés : pour certains, la fuite des cerveaux serait l’expression d’un manque de patriotisme ou simplement la conséquence d’une insouciance teintée du goût de risque ; pour d’autres les racines de la fuite de la terre africaine au profit d’autres contrées sont plus profondes que ce qui se laisse voir.

    Quoi qu’il en soit, la thèse d’une causalité univoque ne semble point suffisante pour rendre compte du drame existentiel et culturel inhérent au phénomène d’émigration ou d’immigration ni même de l’apparente préférence d’une culture exogène à la culture endogène. Et si ce qui s’observe de nos jours n’est rien de moins que la résultante de stéréotypes qui ont fini par façonner l’imaginaire collectif et déterminer des comportements mal maîtrisés aujourd’hui !

    Dans cette étude qui se veut aussi bien phénoménologique, analytique qu’herméneutique, nous tâcherons de comprendre le poids des préjugés sur le peuple africain et sa part de responsabilité devant l’histoire.

    1. Des stéréotypes à la vie dure

    La géopolitique contemporaine est tissée de stéréotypes à la vie dure. Le journaliste américain Walter Lippmann (1922) « considère les stéréotypes comme « des images dans nos têtes » – simplificatrices, relativement rigides, et pas toujours de bonne qualité… – qui fonctionneraient comme des filtres entre la réalité objective et l’idée que l’on s’en fait. Lippmann dégage plusieurs caractéristiques des stéréotypes : les stéréotypes sont des idées consensuelles, c’est-à-dire socialement partagées ; les stéréotypes sont rigides, c’est-à-dire qu’ils résistent à la preuve du contraire » (J.-B. Legal, S. Delouvée, 2021, p. 11). Ceux-ci sont diversement exprimés et largement partagés surtout dans l’opinion publique qui ne saurait les vérifier ou par faute de moyen fiable ou simplement par paresse intellectuelle. Des stéréotypes individuels, on migre bien souvent aux stéréotypes institutionnels qui finissent par devenir des stéréotypes systémiques. Deux types de stéréotypes antithétiques sont de nature à éclairer la réflexion à ce niveau : les stéréotypes interethniques (G. Ogui Cossi, 2014) et les stéréotypes interculturels. Ils peuvent être de l’ordre du ludique ou revêtir un caractère de perversité au mobile très ambigu. En partant de leur mécanisme de fonctionnement, nous apprécierons leur caractère et leur subtilité.

    1.1. Le mécanisme traditionnel et moderne des stéréotypes

    Les stéréotypes que l’on rencontre entre les communautés intra-culturelles ou interculturelles en Afrique sont beaucoup plus de l’ordre du ludique : ils émanent souvent de la parenté à plaisanterie ou des alliances à plaisanterie. Sortis de ce cadre, les stéréotypes, en Afrique, sont généralement des caricatures des traits caractéristiques d’une communauté ou d’une culture. Résultantes du poids de l’histoire, ces stéréotypes apparaissent a priori comme de l’huile dans le moteur du vivre-ensemble harmonieux.

    Les stéréotypes qui proviennent des Occidentaux sur les Africains revêtent plutôt un caractère de perversité au mobile ambigu. Approfondir la réflexion dans ce second type de stéréotypes fournira des éléments pour mieux comprendre la géopolitique actuelle mise en évidence par les technologies de l’information et de la communication. Au fond, tout se passe comme si les auteurs de ces stéréotypes prennent les Africains pour des dupes. Cela se comprend aisément puisqu’il n’y a pas si longtemps que les mêmes qui cultivent aujourd’hui des stéréotypes à caractère pervers avaient de la peine à reconnaître en Africain la même humanité partagée chez tous les humains.

    C’est vrai aussi que les préjugés à caractère dépréciatif ont quelque chose à voir avec le racisme et la xénophobie. Tout se passe comme si la même réalité devrait être appréciée non point selon son essence mais plutôt en fonction de son contexte géographique ou de l’individu à qui elle s’applique. C’est la logique de la xénophobie qui entretient d’ailleurs des liens étroits avec la discrimination. F. Dhume (2016, pp. 33-46). Pour montrer l’enracinement du mal, F. Dhume (1997, pp. 3-139) parle même de racisme institutionnel et de discrimination systémique.

    Par conséquent, l’envahissement des divers préjugés des pays du Nord sur les pays du Sud et surtout le mauvais usage qu’on en fait aujourd’hui, exige des chercheurs une attention minutieuse et nécessite qu’on les gère avec dextérité et probité.

    1.2. Deux exemples de stéréotypes à la vie dure

    Parmi les stéréotypes les plus répandus dans le monde occidental, une place de choix doit être accordée aux préjugés relatifs à la pauvreté endémique des Africains et à l’immigration.

    Ainsi, pendant très longtemps, certains pays africains tels que le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont classés parmi les pays les plus pauvres du continent africain. Or la vérité est que deux de ces pays passent pour des grands producteurs de l’or qui est, jusqu’à preuve de contraire, la mesure de la richesse économique d’un pays. D’après l’Agence Ecofin, le Burkina Faso émerge comme le troisième producteur de l’or en Afrique de l’Ouest après le Ghana et le Mali. Quant au Niger, il est reconnu comme le troisième pays exportateur d’uranium au monde. Dans un article (« Le Niger, victime de sa richesse », in https://www.lejdd.fr/Societe/Le-Niger-victime-de-sa-richesse-79184-3077585 consulté le 23 septembre 2023 à 10h30), Marie Varasson revient sur le sujet.

    Faut-il ajouter que l’idéologie du misérabilisme arrangeait fort bien certains pays qui en profitaient pour piller ces pays, en les réduisant à une dépendance économique et militaire. Et pourtant, l’opinion nationale et publique n’est aucunement dupe des intentions des bourreaux-prédateurs qui se font passer pour des sauveteurs pour enfin se déclarer à la face du monde comme des victimes d’une ingratitude pour des services rendus et non reconnus par l’autre. Triangle dramatique (Karpman), s’il en fut, arme de ceux qui pensent pouvoir endormir l’opinion publique par des déclarations tapageuses alors que le mobile de leurs actions est à peine besoin d’être élucidé. Le plus triste dans ces préjugés c’est qu’ils parviennent à modeler l’imaginaire des pays subsahariens en situation d’assistanat. Très peu d’individus sont capables de s’imaginer vivre heureux et prospères sans l’aide extérieure.

    Un autre préjugé, non moins insidieux, c’est l’affirmation massive que les Africains seraient champions à la compétition de la fuite des cerveaux. Je ne veux pour preuve que cette assertion largement partagée depuis plus d’une décennie qu’« il y a plus de médecins béninois en île de France qu’au Bénin » (Christian Losson, « « Il y a plus de médecins béninois en Ile-de-France qu’au Bénin » », in https://www.liberation.fr/futurs/2007/07/20/il-y-a-plus-de-medecins-beninois-en-ile-de-france-qu-au-benin_98611/, consulté le 30 avril 2023 à 11h).

    Si dans le premier exemple, il s’agit d’un préjugé né d’une ignorance feinte ou réelle, dans le second, le stéréotype semble avoir d’autres visées ; nous y reverrons. Stéréotypes largement répandus dans la communauté française, ce préjugé tend à devenir un stéréotype institutionnel voire systémique. Son but semble de prouver à la face du monde le manque de patriotisme de la part des médecins béninois formés en France ou même au Bénin qui préfèreraient abandonner leurs compatriotes à leur pauvre sort pour se la couler douce en France.

    Et, « pourtant, cette phrase est fausse. Selon le Conseil national des médecins de France, en île de France à la date du 13 décembre 2017, seulement 46 médecins nés au Bénin sont inscrits au tableau de l’ordre en activité régulière et 25 sont diplômés du Bénin » (Sinatousaka, « Il n’y a pas plus de médecins béninois en île de France qu’au Bénin », in https://sinatous.medium.com/il-ny-a-pas-plus-de-m%C3%A9decins-b%C3%A9ninois-en-%C3%AEle-de-france-qu-au-b%C3%A9nin-ce9638a04dfc#:~:text=C’est%20devenue%20un%20fait,25%20sont%20dipl%C3%B4m%C3%A9s%20du%20B%C3%A9nin, consulté le 30 avril 2023 à 11h 25). Ici aussi, comme plus haut, au lieu que ce stéréotype décourage le Béninois dans le phénomène de la fuite des cerveaux, il semble pourtant avoir un effet contraire. Même constat pour certains médecins togolais, ivoiriens ou sénégalais, apparemment accomplis, qui continuent de croient qu’il manquerait quelque chose à leur carrière s’ils ne faisaient pas un détour par le pays de nos « Ancêtres les Gaulois ».

    Lorsqu’à ce phénomène s’ajoutent le mépris de la classe dirigeante des pays concernés, le manque d’hospitalité ou pire la xénophobie dans les pays voisins, le seul gagnant à ce marché ne peut être que l’idéologue de « l’immigration choisie ». Ayant rejeté la thèse de la causalité unique de ce phénomène dès le départ, il nous faut scruter d’autres mobiles des affirmations aux conséquences désastreuses.

    Le regrettable dans de tels propos n’est pas la canonisation d’un mensonge qui se fait passer pour la vérité aux yeux de l’opinion internationale mais surtout l’affirmation du mépris des Africains pour leurs pays, leurs peuples et même leurs cultures. Et pourtant, la vérité est là que l’Africain, comme tout peuple n’a jamais d’aversion pour la marmite de sa mère. Même si les conditions sociopolitiques telles que l’insécurité, la misère endémique, l’insatisfaction des besoins basiques font croire le contraire, il n’y pas plus grand amoureux de sa terre que l’Africain.

    Les récentes révolutions dans certains pays africains, avec les risques y afférents, montrent bien que ce qui a toujours manqué aux Africains, c’est le courage pour rejeter le joug colonial et ses conséquences et non le manque d’amour propre pour sa patrie.

    1.3. La vérité de l’histoire au-delà des stéréotypes

    Une vérité que les pays occidentaux et en l’occurrence la France se refusent de reconnaître, c’est que la migration est constitutive désormais de l’histoire des peuples et des nations. En effet, comme l’estime si bien M.-J. Bernadot (2009, p. 39) :

    L’histoire de l’immigration en France est une partie de l’histoire de France : au fil du XIXe et du XXe siècles, l’immigration a modelé la démographie française bien davantage que dans aucun autre pays européen : ainsi, en 2019, un Français sur trois a au moins un grand-parent étranger et notre pays est, de plus en plus visiblement, une terre de diversité.

    N’est-il pas plus logique de s’interroger sur les causes de l’émigration des Africains vers d’autres contrées que de déduire hâtivement à un manque d’intérêt de l’Africain pour sa terre ou sa culture ? Qu’on le veuille ou non, ce qui s’observe aujourd’hui en matière d’immigration sur le plan planétaire exige des humains de renoncer à l’affirmation d’une causalité unique de ce phénomène pour en rechercher des causes aussi bien endogènes qu’exogènes scientifiques plutôt qu’émotionnelles et racistes. Les analyses de G. G. Tata (2019, pp. 103-114) sur les causes de ce phénomène méritent une attention particulière dans ce débat.

    Un tel exercice exige aussi bien des Africains que des Européens de scruter d’autres lieux d’intelligence du phénomène migratoire que les thèses traditionnelles pétries de préjugés, d’affirmations hâtives non critiquées pour questionner la responsabilité des uns et des autres dans le drame des Africains sur les rives de la Méditerranée et sur les rives d’une histoire forgée au gré d’une poignée d’individus mal informés ou de surcroit malintentionnés.

    2. Des faits qui interpellent

    Réputée pour être le continent de l’hospitalité et de la solidarité, l’Afrique est menacée aujourd’hui par un individualisme collectif qui dément cet a priori positif ; d’où le procès des Africains eux-mêmes contre d’autres Africains.

    2.1. Le procès des Africains contre les Africains

    Le 12 janvier 2023, j’allais au Plateau d’Abidjan, à bord d’un taxi. Le conducteur que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve me fit des confidences qui méritent réflexion. Il me disait, en substance, ce qui suit :

    Je pense que nos dirigeants sont malhonnêtes lorsqu’ils attribuent le risque que prennent leurs citoyens en traversant la Méditerranée au risque de leur vie pour de l’inconscience. Est-il réellement possible qu’un individu sain de corps et d’esprit décide de risquer sa vie s’il n’y est pas contraint ? Pour ne donner que mon exemple, je faisais de petits commerces sur la place d’un propriétaire terrain à qui je versais le prix du loyer à la fin de chaque mois. Tout allait très bien, lorsqu’un nanti libanais acheta toutes les parcelles sur lesquelles nous exercions et il y bâtit un immeuble avec des magasins au rez-de-chaussée. Pour nous manifester sa libéralité, le Libanais nous offrit la priorité pour la location des nouveaux magasins.  Seulement, il fallait verser une caution de deux millions de francs CFA par magasin. Je me suis battu pour rassembler un million cinq cent mille francs CFA. J’ai supplié le Libanais de me laisser intégrer le magasin quitte à lui payer la différence dès que possible, rien n’y fit. J’ai frappé à toutes les portes qui m’étaient accessibles sans obtenir gain de cause. De guerre lasse, j’ai dû me convertir en taximan. Qu’aurais-je fait si la possibilité d’être taximan ne m’était pas offerte ? Sans doute, je n’aurais plus d’autres possibilité que de me lancer en aventure, même au péril de ma vie.

    Le sort de ce taximan n’est ni isolé ni inouï ; il est le lot commun de bien des filles et fils d’Afrique. La situation de désespérance que connaissent beaucoup d’Africains et qui les accule à des choix périlleux oblige à revoir la thèse largement répandue que les Africains n’aiment pas leur continent.

    2.2. Des assassinats aux couleurs du suicide

    À prendre au sérieux le drame de certains Africains, il ressemble à des assassinats aux couleurs du suicide. Assassinat par des gouvernants qui privent leurs concitoyens du strict minimum et s’emparent de tout. Il n’est un secret pour personne que la fortune de certains présidents africains représente plus de la moitié du budget annuel de leur pays. Démunis de tout, certains citoyens des pays africains se laissent mourir faute de moyens pour se faire soigner dans des hôpitaux, du reste au plateau sanitaire les plus rudimentaires.

    En ce sens, la responsabilité de l’émigration et même de l’immigration est partagée entre l’émigré, son pays d’origine et son pays d’accueil. En ce sens, les affirmations de Sayad appellent à une autoévaluation et une autocritique des politiques des divers pays du monde. En effet, « l’immigré, déplacé, entraîne la remise en question, que ce soit dans sa société d’origine ou dans la société d’accueil, des fondements de la citoyenneté, de la relation du citoyen avec l’État, avec la Nation et la nationalité » (A. Sayad, 1999, p. 238).

    Cela signifie qu’une autocritique des pays d’origine des migrants est indispensable dans le débat de l’émigration et de l’immigration. En effet, combien de pays africains se sont indignés de voir leurs enfants périr dans le désert et dans la Méditerranée, fuyant la famine ou la guerre dans leur propre pays ? Combien se sont indignés de la précarité de la vie que mènent leurs concitoyens alors qu’eux continuent d’exploiter les biens du sol et de sous-sol de leur propre pays en complicité avec des puissances étrangères ?

    Il est ahurissant de noter l’insouciance de certains leaders africains face à des drames de grande envergure que connaissent leur propre pays ou des pays voisins alors qu’ils sont prêts à effectuer des milliers de kilomètres pour manifester leur compassion aux pays occidentaux pour des drames de moindre importance.

    Nous serons toujours comptables du malheur qui arrive à nos concitoyens si nous sommes incapables de leur fournir un minimum d’espace de sécurité pour vivre et entreprendre en toute liberté. Cela étant, il nous faut, à présent, relever le paradoxe de choix existentiel dans le comportement de certains Africains.

    2.3. Le paradoxe des choix existentiels chez des Africains

    Sans occulter le poids de la domination culturelle sur les Africains, force est de constater que certains comportements chez bon nombre de peuples africains interpellent profondément les consciences. En effet, bon gré mal gré, des Africains s’embarquent dans un mimétisme occidental de telle sorte que, grâce aux réseaux sociaux tous les vices migrent allègrement d’un continent à l’autre.

    Le plus triste est que l’Africain qui ignore presque tout de sa culture se forge une identité hybride où les contre-valeurs sont exaltées au détriment des vraies valeurs. Sur le plan purement socio-culturel, l’Afrique reste encore attachée à la culture étrangère en dévalorisation de sa propre culture. La dépigmentation, les habillements choquants, les mèches importées, etc., sont des exemples de la dépréciation de la culture africaine par les Africains (Cf. S. A. Bouaffou, M.-J. Hudson, 2019, p. 68).

    Dans la même ligne, l’émigration n’est pas simplement une aventure, périlleuse ou non, mais plutôt l’expression d’une autoréalisation dont le critère d’appréciation est plutôt le pays inconnu. Nous convenons avec S. Bredeloup (2008, p. 291) pour qui

    l’ambition personnelle est un moteur puissant qui conduit sur les routes nombre de jeunes Africains et pas seulement les plus audacieux. À l’heure où sur le continent africain les principes du salariat et de la fonction publique sont sérieusement remis en question, des itinéraires d’accumulation inédits ainsi que de nouvelles trajectoires d’ascension sociale en phase notamment avec l’essor de l’émigration, prospèrent dans les interstices de la crise économique.

    Ces problèmes existentiels, bien qu’ils paraissent superficiels pour l’opinion commune, ont besoin d’être analysés en profondeur. Car, comme le stipule un Proverbe africain : « Dormir sur la natte des autres c’est comme si l’on dormait par terre ». En outre, la quête d’un minimum de sécurité a entraîné bon nombre d’Africain à trouver asile dans des pratiques sans lendemain, dans des phénomènes religieux sans une spiritualité conséquente et dans des groupes ésotériques sans en maîtriser les contours. Cet apparent désordre spirituel n’est, en fait, que la résultante d’un désarroi humain. D’où le règne d’une « spiritualité d’effondrement de l’intelligence » (Kä Mana). La course aux religions à recettes vient pour combler un vide créé par des religions exogènes mal assumées et devenues incapables d’affronter l’existence et spécialement les forces du mal qui ont aujourd’hui un visage multiforme. Bref, la banalisation du spirituel au profit des réseaux sociaux a creusé un fossé béant entre de réelles valeurs culturelles et des réalités éphémères ; d’où la conviction chez certains que patriotisme ou panafricanisme mis de côté, on trouvera chez bon nombre d’Africains la propension à l’idéalisation de la culture de l’autre. L’exotique rime avec l’esthétique dans l’imaginaire nouveau de l’homme africain. L’ailleurs reste meilleur si bien que l’exode devient un lieu de fascination consenti. La route de la Méditerranée en dit long, en dépit des excuses certaines qui poussent à l’exode.

    3. Enjeux d’une reconstruction identitaire en Afrique

    De ce qui précède, il ressort que la reconstruction identitaire en Afrique apparaît comme une tâche titanique. Elle suppose qu’on la cerne avec précision afin d’en déterminer des repères en vue d’une proactivité.

    3.1. L’appréhension de la reconstruction identitaire en Afrique

    La reconstruction identitaire peut s’appréhender comme le principe reconstructif qui se manifeste par la recherche d’éléments proprement historiques dont la recollection permet aux identités personnelles, individuelles ou collectives, de s’assurer face aux autres dans une structure cohérente et significative (cf. J.-M. Ferry, 1996, p. 32).

    En ce sens, la reconstruction identitaire prend racine dans un fondement historique. En effet, l’histoire permet de comprendre l’origine à la base de l’identité culturelle des peuples ou des collectivités. En dévoilant l’authenticité et l’importance des identités communes, l’histoire participe de la reconnaissance des valeurs culturelles chez les peuples. Ainsi, la reconnaissance des valeurs culturelles chez les peuples les aide à pouvoir se reconstruire sur tous les plans (socioculturel, idéologique, spirituel, moral…). Un peuple qui reconnait ou assure ses propres valeurs culturelles a la capacité de se reconstruire. Il brise ainsi les obstacles que sont l’aliénation, le complexe d’infériorité, le manque de confiance en soi, etc. La reconnaissance de ses valeurs sociales renforce l’esprit collectif et aide à l’amélioration de son être propre. C’est aussi la conviction d’Axel Honneth lorsqu’il affirme : « Nous sommes plutôt de l’avis que l’identité des sujets ou des groupes sociaux ne se forme qu’à travers la reconnaissance sociale » (A. Honneth, 2006, p. 178).

    La reconnaissance de son identité propre permettra au peuple africain de se reconstruire sur tous les plans (socioculturel, idéologique, spirituel, moral…). De grandes figures africaines nous ont déjà balisés le choix dans cette quête de reconstruction identitaire. Ils ont pour noms : Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga, Joseph Ki-Zerbo, Bachir Diagne, pour ne citer que ceux-là. Ces penseurs ont déjà largement contribué à aider l’Africain à prendre conscience de son soi dans un monde hostile à l’autre différent de soi.

    À travers eux se dessinent les enjeux historique, scientifique et technologique de la reconstruction de l’identité en Afrique.Sur le plan historique, la référence à une origine égyptienne de l’Afrique noire est diversement appréhendée. Tandis que certains sont fiers d’évoquer les Pharaons comme des ancêtres des Africains, d’autres sont plutôt sceptiques à cette filiation qui n’ajouterait quasiment rien à la situation concrète et actuelle de l’Afrique. À ceux qui se targuent d’une Égypte où se seraient ressourcés des savants grecs tels que Pythagore, Platon, Euclide, etc., les travaux de C. A. Diop, T. Obenga et d’autres penseurs pour la cause de l’Afrique invitent à une circonspection sur l’aujourd’hui de l’Africain. Pour eux, l’égyptologie doit être interrogée en son principe inhibiteur des potentialités : le piège de se tourner vers le passé sans oser prospecter l’horizon. Il ne s’agit pas de se satisfaire d’avoir été les premiers, mais de pouvoir s’interroger sur les raisons qui ont fait que le premier est passé dernier.

    L’enjeu de la science pour l’Afrique du XXIe siècle semble recueillir plus de suffrage. En effet, les peuples africains ne semblent pas avoir de choix entre rentrer dans la technologie ou rester en marge de l’histoire. Aussi, est-il souhaitable que les Africains se décide à « s’armer de science jusqu’aux dents » comme le stipulait Cheikh Anta Diop. Sans prôner un mimétisme à l’occidental, le continent noir doit s’engager à la science parce qu’elle peut être le moyen de sortie de l’obscurantisme pour une libération qui devient liberté. La connaissance des lois de la nature peut renforcer l’intelligentsia et l’esprit d’analyse des peuples africains.

    En plus de la science, il faut la technologie pour favoriser la reconstruction identitaire de l’Afrique. La technologie permet en effet de s’assumer comme un peuple fort qui ne soit jamais complexé. Travailler à ce qu’il y ait plus de technologies à la portée de l’Afrique, à l’ère de l’intelligence artificielle, pour concurrencer les autres nations dites puissantes au plan technologique est une grande opportunité pour l’Afrique. Le peuple chinois s’impose comme étant un peuple fort parce qu’il a la maîtrise de la technologie. La technologie peut contribuer à la sauvegarde et à la préservation de son identité propre et de ses valeurs culturelles. L’approfondissement de cette analyse est aussi possible à travers la géopolitique en situation militaire et technologique.

    3.2. Les repères pour la reconstruction identitaire en Afrique

    Les repères actuels pour la reconstruction identitaire en Afrique peuvent se décliner en termes de défis majeurs comme la bonne gouvernance, la réforme de l’éducation, le redressement du système de santé, la valorisation des us et coutumes africaines et l’esprit de compétition et de puissance.

    Ce n’est un secret pour personne que l’une des plaies des pays africains est indubitablement la mauvaise gouvernance. Prôner la bonne gouvernance revient ici à retrouver les racines d’une gestion saine du bien commun de chaque pays africain. Il est certain qu’en face de graves crises, conséquences de dérives dictatoriales, une action urgente concertée est, sans aucun doute, souhaitable. Toutefois, faire de cette action le tout de la bonne gouvernance ne serait qu’une illusion. Jetés, bon gré mal gré, dans le processus démocratique, il est impérieux de faire appel au génie propre de l’Afrique dans la gestion du bien afin que démocratie ne soit pas un piège de plus pour les pays africains.

    Cela suppose la réforme de l’éducation intégrant les valeurs éthiques de la religion traditionnelle africaine (RTA) et de la chrétienté. Éduquer aux valeurs devrait être, avant tout, de mettre un terme à « la fabrique des imposteurs » (cf. R. Gori, 2013) sur le sol africain. Une telle éducation visera, en substance, à valoriser les fins plutôt que les moyens, à promouvoir des citoyens qui font prévaloir le fond sur la forme, qui se fient au travail et au courage plutôt qu’à l’apparence et à la réputation, qui préfèrent le mérite à la popularité, optent pour le courage et l’idéal plutôt que pour un pragmatique avantageux, choisissent de tenir bon sur les vertus plutôt que de suivre, avec opportunisme, l’opinion, qui chérissent la pensée critique plutôt que le semblant et ses volutes, la force de l’œuvre plutôt que les mouvements de manche. Des réflexions du même genre ont été menées par R. Gori (2013) dans La fabrique des imposteurs et par G. Ogui Cossi (2014) dans la Cohabitation interculturelle au Bénin. Poids des préjugés ethniques et quête de la paix.

    Une telle éducation peut constituer déjà un pas dans le redressement du système de santé ; si les Africains croient à l’intégration régionale, une mise en commun des compétences en matière d’agents de santé au-delà des frontières nationalistes peut être salutaire à plus d’un titre pour les pays africains. La fuite des cerveaux souvent décriés, à tort ou à raison, tant à l’interne qu’à l’externe, n’est-elle pas la résultante d’un refus de l’autre dans certains pays africains ? C’est le lieu de retrouver nos vraies racines africaines d’accueil et d’hospitalité.

    La valorisation des us et coutumes africaines est un chemin de développement endogène qui nous rendra capables d’apporter nos deniers culturels au marché du donner et du recevoir. Elle est également la voie du rejet du mimétisme et du déploiement de l’esprit de compétition et de puissance dans un univers de plus en plus globalisé. C’est le lieu de rappeler que les sciences exactes, expérimentales, humaines et sociales sont des canaux par lesquels l’Africain peut faire réellement preuve de compétitivité à l’échelle internationale.

    3.3. « Une fois le renard chassé, conseillons la poule »

    La reconstruction d’une identité réellement africaine suppose la vérité pour soi et la vérité sur soi. Et c’est ici que le dicton yoruba prend tout son sens : « Une fois le renard chassé, conseillons la poule ». Ce dicton appelle l’Afrique subsaharienne à la « lucidité dans l’analyse » puis au « courage dans l’expression et l’action ». À ce titre, il s’harmonise parfaitement avec cette interpellation de Tidiane Diakité :

    « En Afrique, écrit-il, il est une question fondamentale mais qu’on ne se pose jamais : « Pourquoi en sommes-nous là ? » Si l’Afrique a besoin d’aide, elle a aussi besoin de vérité : vérité sur elle-même, vérité sur le monde, mais sans hypocrisie. On ne tirera pas l’Afrique de sa condition sans lucidité dans l’analyse et sans courage dans l’expression et l’action » (T. Diakité, 2011, p. 15).

    Est-ce qu’à la racine du drame identitaire de l’Africain, il n’y a pas quelque chose qui relève de l’imaginaire même de l’Africain lui-même ? À y voir de près, au-delà de la misère matérielle, ce qui met des Africains sur les routes c’est une misère anthropologique. À force de subir des stéréotypes, l’Africain finit par penser et agir conformément aux stéréotypes. En ce sens, le rêve d’un ailleurs meilleur reste le mobile le plus déterminant de ceux qui s’éloignent de leur patrie.

    Ainsi, le refus de sa condition socio-culturelle est parfois la cause de l’émigration pour ceux qui n’ont pas la chance d’être aux commandes de la destinée de la société africaine. Elle est aussi la cause de la mal gouvernance de ceux qui tiennent les rênes de la vie sociale collective. Le fond est celui de l’évidence du primat du « moi » sur le « nous ». Le « moi » incite à se chercher quand rien ne va, en refusant d’accepter qu’une bataille communautaire (« nous ») peut contribuer à sortir la collectivité du sort funeste. On veut se réaliser sans les autres (nos proches), et on est rendu capable d’abandonner père, mère, frère, sœur, époux, épouse, enfant, etc. pour partir avec la promesse de voler plus tard à leur secours ; ce qui ne se fera peut-être jamais, une fois de l’autre côté.

    Le « moi » incite aussi à embrigader les ressources de la collectivité pour soi, en évitant de les mettre au service de la réalisation de tous quand on a l’occasion de se retrouver dans les instances directionnelles de la société.

    Une voie de sortie du cul-de-sac pourrait être l’acceptation de soi et la conscience de l’autre dans une fidélité à ses racines les plus profondes. Le plus déterminant c’est de parvenir ensemble à un projet de société dont chacun et tous seront fiers.

    Le modèle du sionisme peut être ici d’un grand secours pour le projet de société à construire ensemble. La reconstruction identitaire n’adviendra que le jour où les Africains cesseront de vouloir être comme les autres ou faire comme les autres. La fierté peut être ici un chemin de proactivité : fierté de ce que nous sommes et fierté du continent auquel nous appartenons. L’éveil de conscience des Africains au-delà des actes de bravoure spectaculaire semble sonner le glas d’une ère où la marmite de la mère d’autrui semble mieux appréciée que celle de la Mère-Afrique. Aussi lentes soient-elles la metanoia et la metabolè, condition indispensable de l’émergence d’un Africain nouveau pointe déjà à l’horizon.

    Conclusion

    « À quand l’Afrique ? » (J. Ki-Zerbo, 2004), se demandait l’historien burkinabè dans un ouvrage aussi poignant que prophétique. Les événements en cours dans un bon nombre de pays africains francophones ne sont-ils pas des esquisses de réponse à la question de l’historien ? Les petits gestes de courage et d’audace traduisent, à eux seuls, la volonté des peuples longtemps assujettis de se tenir debout devant l’histoire. L’heure semble venue pour les Africains de prendre en main leur destin et d’écrire leur propre histoire au lieu de la laisser conter par d’autres. Sans pôner la fin des stéréotypes aussi bien institutionnels que systémiques, nous osons croire que désormais les lignes ont bougé. Choisie ou subie l’immigration appelle désormais la vérité de l’histoire qui constate que la mobilité est un phénomène humain commun à tous les peuples et non seulement propre à une catégorie d’hommes ou de femmes.

    La reconstruction de l’identité des peuples africains exige la redéfinition de la méthodologie de pensée et d’action qui les empêche de faire du « sur place ». Le recours au passé (fût-il égyptologique) appelle un examen critique des acquis et des échecs de l’histoire des peuples africains, acquis et échecs susceptibles de devenir des rampes d’envol vers de nouveaux horizons.

    La victoire finale n’adviendra que grâce à une vraie solidarité qui exclut des calculs égoïstes et abjects au profit d’intérêts nationaux et régionaux communs capables de forger de nouveaux types d’Africains.

    Au terme de cette rapide réflexion trois pistes s’offrent pour une vraie reconstruction de l’identité africaine.

    • La redéfinition des lieux du combat identitaire pour les pays africains aujourd’hui : autant le commerce avec l’Occident nécessite des dirigeants africains la circonspection et le doigté, autant une autoévaluation critique est indispensable pour la marche vers la liberté.
    • Une intégration africaine au-delà des concepts : s’il est vrai que c’est ensemble qu’on est fort, la concentration des forces aussi bien économique, politique que militaire des pays africains devrait conduire à l’émergence de chacun et de tous et non à l’autodestruction.
    • L’endogénéité come modèle propre de pensée et d’action pour l’Afrique : « poumon spirituel de l’humanité » (Benoît XVI, 2011), c’est à travers ses ressources humaines et spirituelles que l’Afrique doit s’efforcer d’être compétitive dans le concert des nations. Sommes-nous désormais à l’heure de l’Afrique ? On peut l’espérer !

    Références bibliographiques

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